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SEPTEMBRE 2017

Saad Hariri et Emmanuel Macron :
Retour sur une visite d’État

par Antoine CHARPENTIER

La visite de Saad Hariri à Paris au lendemain de la reddition de Daech à son rival chiite, le Hezbollah libanais, de surcroît le jour de la fête religieuse d'Al Adha, était surtout destinée à détourner l'attention de l'opinion française sur l'exploit militaire réalisé par le Hezbollah libanais contre les groupements terroristes sunnites à la frontière syro-libanaise. En voulant donner de la visibilité au premier ministre libanais en faillite politique et financière, elle a voulu renflouer un de ses rares partenaires au Liban. Tout d’abord politiquement, par son accueil par le président Emmanuel Macron, accréditant ainsi l'image d'un interlocuteur des dirigeants occidentaux, puis économiquement en acceptant de servir de paravent aux entreprises françaises, sous couvert de sociétés mixtes franco-libanaises dans le plan de reconstruction de la Syrie, dont la France est exclue.

Au moment où l'Europe perd la main sur le Moyen-Orient, la France cherche d’autres voies afin de revenir dans la course. La perspective économique alléchante en Syrie pousse la France à mettre de l’eau dans son vin en ce qui concerne le départ du président syrien Bachar Al-Assad, tant réclamé par la France dès le début de la crise syrienne.

Suite à la visite du premier ministre libanais en Russie, lieu où se trouve la clé du marché syrien, Jean-Yves le Drian ministre français des affaires étrangères s’y est rendu à son tour, déclarant à l’issue de sa rencontre avec son homologue russe que : « Nous pouvons commencer la mise en œuvre du processus politique sans préalable. C'est à dire sans le préalable départ de Bachar El-Assad ».
En revanche, la France accepte-t-elle le maintien du Président Bachar El-Assad au pouvoir en Syrie sans aucune contrepartie ? La nouvelle dynamique française annoncée quelques jours auparavant serait-elle tout simplement un contournement du problème ?
Lors d’une conférence de presse du président Macron le 19 septembre, dans le cadre de l’Assemblée Générale de l’ONU, ce dernier a déclaré que : « Bachar Al-Assad, c’est un criminel, il devra être jugé et répondre de ses crimes devant la justice internationale. Mais je n’ai pas fait de sa destitution un préalable, par pragmatisme. » 
La France semblerait souffler le chaud et le froid et les discours de ses dirigeants pointent l’évolution des négociations à propos de la reconstruction de la Syrie et le marché qui s’y profile. En revanche, la France prépare t’elle le terrain, afin de dire en cas d’investissements économiques en Syrie, qu’elle n’a pas eu le choix à propos du sort du président syrien, et qu’elle est devant le fait accompli ? 

A.C.

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