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SEPTEMBRE 2016

Comprendre le Donbass et comment nos amis américains se moquent du monde…

par Jacques CLOSTERMANN


Jean-Josy Bousquet et Jacques CLOSTERMANN
Je me suis rendu dans le Donbass avec mon ami Jean-Josy Bousquet, avocat et représentant de la ligue des Droits de l’Homme, pour une courte mission d’une semaine.

Dans ces deux départements, de Donetsk et de Lougansk, les patriotes russes, c’est-a-dire ceux qui sont depuis toujours de langue et de culture russe, s’opposent aux forces centralisatrices ukrainiennes, manipulées et organisée en sous-main par Washington qui souhaite y imposer l’OTAN, complétant ainsi le cordon sanitaire « otanisé » qui, depuis la Turquie  jusqu’aux pays baltes, isole la Russie de l’Europe.

La manœuvre US prend tout son sens à la lecture du fameux livre « Le Grand Echiquier » de Zbignew Brezinski , grand  inspirateur de la politique du département d’Etat, publié en 1997, et qui annonçait déjà les futures manœuvres de la CIA « entre 2005 et 2015 » pour déstabiliser l’Ukraine.

Aujourd’hui la ministre des finances ukrainienne, Nathalie Jaresko, est de nationalité  américaine et, comme de bien-entendu, imposée par Washington. Elle n’a pris la nationalité ukrainienne que voici peu de temps, mesure opportuniste entrant dans la stratégie américaine.


Nathalie Jaresko
Son parcours est exemplaire : diplômée de Harvard et de l’Université de Chicago, elle était chef de la section économique de l’ambassade des Etats-Unis à Kiev. Elle est, par ailleurs, directrice général du fond d’investissement US Horizon Capital. Une véritable patriote ukrainienne en quelque sorte !…

Pour appréhender la crise du Donbass nous devons comprendre qu’historiquement l’Ukraine est séparée en deux. Au Nord les pro-occidentaux, ayant souffert sous le régime stalinien, qui ont accueillis les nazis comme des libérateurs. D’où les drapeaux a croix gammée et l’engagement ouvertement nazis des forces et milices ukrainiennes, ce qui doit être remis dans une perspective historique. Et au Sud une population depuis toujours russophone et russophile.

Voulant ainsi réduire la force centrifuge politique qui poussait historiquement le Donbass vers la Russie, aiguisée aujourd’hui par les manipulations US, Kiev a très maladroitement interdit voici deux ans l’usage de la langue russe sur le territoire… ce qui est quand même le comble de la provocation, d’où l’explosion du Donbass.

Les habitants, eux, ne disent qu’une chose : «  nous avons toujours été russe, nous avons toujours parlé russe, notre culture est russe, qu’on nous f… la paix » propos recueillis par moi-même auprès de A. Kofman, ministre des affaires étrangères de la République Populaire de Donetsk.

Jacques CLOSTERMANN,  colonel  Edouard BASSOURINE et Elena SYDOROVA


J’ai donc rencontré là-bas des hommes et des femmes qui souffraient de la guerre, très courageux, déterminés et aimant la France et les français. J’ai été ainsi très touché par l’accueil que m’a réservé la section francophone de l’université de Donetsk. Ils sont devenus pour moi des cousins éloignés et je suis sensible à l’amitié qu’ils m’ont accordée.

Ce peuple est bien russe, et souhaite le demeurer au titre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Rien n’est facile à appréhender dans cette situation, surtout avec l’éloignement, mais chacun pourra comprendre que les manœuvres des US à Kiev soient devenues insupportables aux Donbassiens. Je soutiens leur combat.


J.C.

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