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JUILLET - AOÛT 2017

Guerilla, le jour où tout s’embrasa

par Vincent GOJON

A ceux qui n'ont pas compris.


Tel est le titre de la dédicace du livre que je viens de refermer : « Guerilla » de Laurent Obertone - le jour où tout s'embrasa....
Je l'ai lu en deux jours - ce n'est pas le genre d'œuvre à vous endormir.
Dans une France à peine aggravée de ce que nous connaissons déjà, une patrouille de trois policiers tombe dans un guet-apens cité Taubira (!) et l'un d'eux sort son arme alors que son brigadier a déjà été lynché. Bilan: une demi-douzaine de tués en face ... et tout de suite des foules d'émeutiers et de pillards mêlés, qui plus ou moins spontanément partent à l'attaque de tout ce qu'ils détestent, de tout ce qui fait notre univers. 
La suite n'est que le développement de cette étincelle, dans une mythique de grand soir déjà relatée avec talent par d'autres, de Jack London à Houellebecq en passant par Jean Raspail.
L'originalité vient ici du style - passé simple, phrases courtes, références multiples qui renforcent la crédibilité… Les nombreux personnages ont tous une existence, en ce sens que nous les avons tous rencontrés, ou au moins entendus ou lus via ce que l'on appelle désormais les médias subventionnés. Ainsi après l'événement déclencheur, ces hommes politiques qui se défaussent, ces éditorialistes qui appellent à désarmer la police, ce psychanaliste de télévision pour qui tout policier par définition se sent « en droit d'exercer une violence symbolique sur son prochain » et j'en passe, combien de fois ne les avons-nous pas déjà entendus ? C'est une des premières forces de ce livre, que de donner l'impression de lire l'actualité - juste un peu en avance (et combien ? 2, 4, 10 ans ?).
Et cette inénarrable Zoé de tous les combats, aux indignations pré-mâchées à sens unique, et qui refusera l'évidence jusqu'au bout : ainsi ceux qui la violeront au final ne feront-ils à ses yeux que récupérer la dette du colonisé... combien de fois avons-nous rencontré de telles pétroleuses, prêtes à cracher au visage du gendarme mobile qui leur vient en aide ?
Le génie de cette œuvre est d'arriver à mêler traits d'humour grinçants - « Remplacez nous ! » crient les militants de soutien à ce que l'on appelle désormais « le grand enrichissement » - et précisions cliniques : «  Madame, il y a 10 000 CRS opérationnels en France. Ils sont tous déployés » - tout ça entre l'avenue Méric et la place Merkel....
De sérieuses précisions sont régulièrement fournies, qui montre que l'auteur connait son affaire - la petite expérience en la matière de l'auteur de ces lignes lui permet de le suggérer. Officiers et hommes de troupe épuisés, général franc-maçon, juges pour qui la principale menace consiste en la force publique, mutineries dans des armées devenues multi-ethniques... Et bien sûr ce président Jacques Chalarose qui consacre l'intégralité de son temps au « trés-bien-vivre ensemble » :

« Sous mon mandat nous avons accueilli plusieurs millions d'itinérants, et nous continuerons à le faire, et à tout faire pour mieux nous y adapter. Nous avons introduit la mixité dans les zones rurales qui en étaient encore dépourvues. »

A quel moment étaient-ils devenus des agneaux ? A quel moment les descendants des soldats de Napoléon avaient-ils commencé à s'excuser auprès de ceux qui les depouillaient ? L'auteur a sa petite idée là-dessus, et fait réaliser une suite d'actions correctives à un de ses personnages (comment ? je vous laisse le découvrir au fil du récit, je ne vais pas vous raconter le livre!)
Nous croiserons au fil des pages une suite de personnages colorés, que je ne peux citer tous - lisez et relisez juste la page consacrée au routier russe face au barrage routier : « Cet homme venu du froid était manifestement régi par d'autres lois » .... Nous sommes dans le cerveau de la plupart d'entre eux, même les plus antipathiques, au fil de leurs odyssées (sauf le Russe, là ce n'était pas possible sans doute)
Quelques réserves sur la forme - papier épais, beaucoup de blanc, dommage même si tous les livres sont comme ça désormais (en format Pléiade il ne prendrait pas de place...) Quant à la fin... vous verrez bien !
Ce livre fut massivement boycotté par la critique et les grands médias lors de sa sortie en septembre 2016. Il connait depuis un certain succès de bouche à oreille, et se vend surtout sur amazon semble-t-il.
J'espère vous avoir donné envie de lire « Guerilla » de Laurent Obertone.

V.G.

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