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MARS 2017

Médias et Matrix :
comment se libérer ?

par Françoise COMPOINT

Ces dernières années, plus spécialement ces derniers mois, l’information n’informe pas plus qu’elle ne désinforme. Pilotés par des oligarchies déracinées dont nous ne voyons que les marionnettes effarouchée, les médias réinventent un monde qui n’a ni transcendance, ni immanence réelle. C’est un monde illusoire, diabolique puisque toutes les normes et toutes les valeurs y sont inversées, un monde où le vice, l’argent, la peur et le mensonge gouvernent. Quant à nous, nous pataugeons dans une espèce de Matrix : un univers qui représente une forme de réalité palpable régie de l’extérieur par des êtres hautement intellectuels qui détiennent les pleins-pouvoirs de la modélisation. Le triomphe du leurre et du trompe-l’œil nous pousse presque à retourner au bon vieux solipsisme des Anciens ... ou à se rendre sur place pour voir, entendre et constater ... comme l’a fait notre courageux compatriote, l’historien Pierre Malinowski, qui s’est rendu à Donetsk et à Iassinovataïa, l’un des points les plus chauds de la région, et qui a constaté que les fameux « séparatistes pro-russes » n’étaient pas « des terroristes ».

Conférence de Pierre Malinowski organisée par l’Institut franco-russe de Donetsk


Mais combien nous en faudrait-il de Pierre Malinowski pour remettre en ordre et recoller les éléments d’un puzzle à qui le mainstream médiatique fait dire tout et son contraire ? De la même manière, combien faudrait-il d’électeurs capables de discernement pour arriver à rentrer dans le vif d’un programme électoral et ne pas se dépenser à ramasser des miettes de rumeurs les unes plus sordides que les autres ? 
Nous vivons une période extraordinaire. Ainsi, Marine le Pen est privée d’immunité parlementaire pour avoir retweeté une énième image des exactions commises par l’EI et avoir constaté que l’EI, c’ [était] ça ! J’ignorais pour ma part que l’EI, ça pouvait être autre chose (à quand un Daesh modéré ?!) et que la loi Jolibois, déjà vivement contestée dans les années 90 pour l’opacité de son contenu, pouvait être appliquée dans un contexte aussi lancinant alors qu’elle ne concernerait au demeurant que la divulgation d’images pornographiques et/ou d’images portant atteinte à la dignité humaine. François Fillon est lui poursuivi pour des faits imputables à une bonne moitié des hauts fonctionnaires au pouvoir. Avant même que le niveau de rémunération (régulier ?) de Pénelope ne soit mis en évidence, avant même qu’il ne soit démontré qu’il s’agissait d’un emploi fictif, le Pénelope Gate ouvre déjà la voie au Fillon Gate, comme par hasard, deux mois avant les présidentielles. Quid du couple Bartolone ? Du couple Le Maire ? Du couple Copé ? Et nous en passons. 
En revanche, tout est fait pour redorer le blason d’un certain Macron qui fonde son programme sur un dénigrement totalement bidon du FN comme d’un parti haineux et rétrograde – à quand le changement de disque ? – sur le mépris de la France qui selon lui n’aurait pas de culture spécifiquement sienne (Il n’y a pas une culture en France, il y a une culture en France et elle est diverse, SIC !), sur un migrationnisme suicidaire (comme par hasard Merkel soutient Macron !), sur le renforcement de la discrimination positive, et, en matière de politique étrangère, sur un otanisme parasitaire, aveugle, et, faut-il le répéter, meurtrier pour l’Europe occidentale.
Le fait que tous les médias – RMC et BFM en tête – soutiennent à cor et à cri ce personnage insipide droit sorti de chez Rothschild n’interpelle manifestement que très peu de gens : à quoi bon savoir que ce triste sire a acheté la complaisance de M. Drahi en lui vendant le groupe SFR, opérateur de télécommunications, dont Altice est désormais le plus grand actionnaire ? Or, Altice est le propriétaire des plus grands médias gauchistes français (RMC, BFM, Libé et L’Express) qui s’emploient désormais, à qui mieux mieux, à chanter les louanges au pire candidat de l’anti-France que l’on n’ait jamais vu. Que Macron soit derrière la mort d’Alstom, la vente de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, de celui de Nice et de Lyon, cela ne l’empêche pas d’arriver en tête des intentions de vote avec Fillon et MLP, voire, à en croire les derniers résultats, à évincer ses deux adversaires ! Voici, dans toute leur splendeur, les effets d’une propagande qui a déjà contribué à détruire des pays entiers sans que cela ne donne de nuits blanches à la majorité de nos compatriotes.
C’est dire que dans l’univers de la Matrix, on achète l’esprit et le cœur des électeurs. Conscience morale – OTAN assassin en Serbie, au Moyen-Orient et en Afrique – et instinct de survie – déni du remplacement ethnique, confessionnel et insécurité grandissante – sont sacrifiés au profit d’une brochette de simulacres droit-de-l’hommistes, mondialistes (« ouverture de l’esprit »), auto-flagellateurs et donc forcément doloristes. L’expérience personnelle, normalement élargie par les moyens informatiques dont nous disposons, ne suffit plus à réveiller des gens qui préfèrent une lente agonie à une forte poussée de fièvre. Un petit commerçant sans foi ni loi, un certain Macron, à une Marine Le Pen qui pourrait rendre à la France son âme qu’une poignée de banquiers est en train de troquer.
Par ailleurs, dans l’univers de la Matrix, on aime appliquer les principes de la propagande de guerre qui font que nous ne voulons pas la guerre, la guerre, c’est l’ennemi qui la veut, et que nous, en défenseurs de l’inviolabilité des frontières, des droits des minorités (islamistes y compris s’avère-t-il en Syrie !), nous sommes obligés d’intervenir. L’idéal, c’est d’avoir un ennemi ou une somme d’ennemis chauds, le vilain Assad, par exemple, et un ennemi froid à réchauffer modérément en cas de nécessité, par exemple, la Russie. Les ennemis froids qui sont des ennemis idéologiques se combattent à coups de « fake news » auxquels ils n’ont évidemment pas le droit de riposter. Ainsi, les Seigneurs de la Matrix envisagent l’adoption d’une loi considérant les « fake news », au même titre que les cyberattaques, équivalent à des attaques directes de l’Alliance et donnent lieu aux mesures coercitives prévues par l’article 5 du traité de l’OTAN. 
Je ne serai pas étonnée si demain la grimace ou un haussement d’épaule mal interprété d’un politique susciteront le même type de mesure sachant que l’absurde, par définition, n’a pas de limites. La Russie utilise tous les moyens pour influencer les opinions, affirme Hollande dans une interview toute récente consacrée à l’Europe (l’Amérique, elle, ne se le serait jamais permis, serais-je tentée d’ajouter), il faut démasquer les opérations idéologiques, renchérit-il, en se demandant pourquoi les courants d’extrême-droite sont plus ou moins liés à la Russie (la police de la pensée n’envisage même pas que les liens de la droite – pas seulement extrême, pensons à Fillon – avec la Russie puissent découler de sa fidélité au gaullisme et d’un projet civilisationnel commun fondé sur le principe souverainiste !). 
Mais la Russie sera coupable quoi qu’elle fasse parce qu’elle rejette le modèle anti-civilisationnel prôné par les élites oligarchiques dont Macron ou Hollande ne sont que les larbins et parce qu’il faut un ennemi commun qui soit européen et, à la fois, soi-disant anti-européen (rengaine de la Russie hostile à l’Europe car hostile à l’UE !), donc, un ennemi doublement odieux. Ainsi, le Kremlin est responsable de la victoire de Trump, un raciste ringard aux allures pitoyables de psychopathe. Le Kremlin essaye de noyer le pauvre Macron en publiant dans ses médias, notamment Sputnik et RT, ce que tout le monde sait depuis belle lurette sur ce personnage sans que les fameux hackers russes n’aient eu à s’en mêler. 
Mais que se passera-t-il si les frontières de la Matrix s’estompent et que les peuples d’Europe se décident à reconquérir et à reconstruire cette terre en passe d’être ruinée à grands coups de leurres, de terreur médiatique et d’ingérences humanitaires ? Peut-être en aurions-nous idée au-delà du mois de mai, car mon intuition me souffle que si la Reconquista aura lieu – à tous les niveaux et dans tous les sens du terme – la France, cœur civilisationnel de l’Europe, sera la première concernée.

F.C.

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