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FÉVRIER 2017

Qui a trahi la France en mai 40 ?

par Nicolas BONNAL

La France est trahie aujourd’hui : son patrimoine spirituel et culturel est nié ou profané ; sa population est remplacée et prolétarisée ; son économie est délocalisée ; ses entreprises sont contrôlées par le capital anglo-saxon ; son armée travaille pour les USA ; Le pays hébété est contrôlé par une camarilla déchaînée ; les attentats se succèdent dans l’in-explication générale. Le pays est décivilisé par son élite.

Que se passe-t-il ? Une simple répétition de l’histoire ?

Nous avons vu comment les nazis ont été aidés par les puissances anglo-saxonnes (lisez de Gaulle !). Et la débandade de notre armée en mai 40 est dans toutes les mémoires. Elle ne demandait qu’à foutre le camp, a dit Céline, qui remarqua que l’on incrimina les civils. Peu de temps après, les généraux ne furent pas saqués mais ils furent mis au pouvoir. Dans son livre sur les Gouvernants invisibles, Serge Hutin rappelait que les francisques étaient déjà là autour de Philippe Pétain à Madrid, dans son ambassade. Simone de Beauvoir parla d’une guerre bâclée par des généraux qu’on revit peu de temps après au pouvoir.

L’historienne Annie Lacroix-Riz, qui a étudié dix ans les archives de cette époque, explique :

« …quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que la France a saboté son réarmement exactement comme l’Angleterre. Des travaux anglais montrent que la fameuse période de réarmement accélérée de 1932 et 1938 et surtout 1939 n’a pas abouti à grand-chose. »

Elle n’hésite pas à parler de sabordage :

« Il y a eu sabordage à l’Equipement, au ministère de l’Armement assuré par Dautry et sabordage militaire puisqu’une partie de la Cagoule militaire a littéralement ouvert les frontières à l’Allemagne. »

Enfin elle évoque la trahison sur le champ de bataille, la fameuse trouée des Ardennes :

« On considère que le général Huntziger a ouvert la frontière de Sedan, ce qui explique que la France est vaincue dans la nuit du 15 au 16 mai. Gamelin avoue que tout est terminé alors que les chars ne sont même pas partis ! »

Annie Lacroix-Riz ajoute :

« L’intelligence avec l’ennemi est strictement avérée, assumée par des personnages liés à la fois à la Cagoule et à la Synarchie, que vous retrouverez à tous les postes essentiels de Vichy. »

A cette époque comme à la nôtre, les élites qui sont au pouvoir au service de l’étranger ont un ennemi, le peuple :

« Empêcher ce peuple d’exprimer son avis, un avis qui est aussi désagréable que certains avis récemment exprimés dans notre conjoncture actuelle, on envisage d’abord d’empêcher le peuple de voter, et après, on estime qu’il vaut mieux s’aider de l’étranger pour l’empêcher de voter… »

Elle parle ensuite des comités qui encadrent la future collaboration dès les années Trente :


Jean Goy, secrétaire général du Comité France-Allemagne
Le comité France-Allemagne fut fondé en 1935 par Otto Abetz, qui avait été chargé de la propagande en direction de la France au sein de la Ribbentrop Dienstelle… De sorte qu’avec ce comité, on avait quelque chose de tout à fait parallèle à ce qui a été constitué en Angleterre, dont le cœur était la Banque d’Angleterre et le milieu du gouverneur de cette banque, Montagu Norman, qui est aussi nazi qu’Edouard VIII. »

Relisez aussi Preparata comme je dis toujours.

Puis une autre référence plus émouvante, l’Etrange Défaite de Marc Bloch, maître de l’histoire médiévale, résistant torturé et fusillé par les Allemands. Lui aussi croit à une conspiration (le mot est lâché) et l’historien qu’il est n’a pas de peine à la démontrer.

Il commence par les généraux (ceux qui gavent Céline dans les Beaux Draps) :

« Victorieux, ceux-ci sont presque toujours tenus à l’écart du pouvoir ; vaincus, ils le reçoivent des mains du pays qu’ils n’ont pas su faire triompher. Mac-Mahon, malgré Sedan, Hindenburg,  après l’effondrement de 1918 ont présidé aux destinées des régimes issus de leurs défaites ; et ce n’est pas le Pétain de Verdun, non plus que le Weygand de Rethondes, que la France a mis ou laissé mettre à sa tête. »

Von Schirach, Von Fritsch et Fernand de Brinon, un des fondateurs du Comité France-Allemagne


Il reproche son armistice à Pétain (deux millions de prisonniers de guerre tout de même – et qui ont fait quatre ans).

« Est-ce à dire qu’à ce moment même — celui, exactement, où Pétain annonça qu’il demandait l’ar­mistice — toute défense fût devenue — impossible ? Plus d’un officier pensait le contraire. »

Il taille des croupières au passage à notre sacro-saint Front populaire et son Léon poids Blum :

« Certes, je n’ai nulle envie d’entreprendre ici l’apologie des gouvernements de Front populaire. Une pelletée de terre, pieusement jetée sur leurs tombes : de la part de ceux qui, un moment, purent mettre en eux leur foi ; ces morts ne méritent rien de plus. Ils tombèrent sans gloire. »

La bourgeoisie française, celle qui remplit nos bons gros ministères et nos indispensables institutions européennes, est déjà collaboratrice. Marc Bloch :

« En accablant le régime, elle arrivait, par un mouvement trop naturel, à condamner la nation qui se l’était donné. Désespérant, malgré elle, de ses propres destins, elle finissait par désespérer de la patrie. »

Ensuite Marc Bloch établit la trahison de ces élites. Il y a les irresponsables de ce qu’il appelle le coup d’Etat (l’union européenne est ce coup d’Etat permanent – repensez à Mitterrand – au service de l’oligarchie US et de son démentiel Etat profond) :

« … nos chefs ne se sont pas seulement laissé battre. Ils ont estimé très tôt naturel d’être battus. En déposant, avant l’heure, les armes, ils ont assuré le succès d’une faction. Quelques-uns, certes, cherchèrent, avant tout, dans le coup d’État, le moyen de masquer leur faute. » 

Et il y a les vrais responsables, les salauds comme disait Sartre à cette époque :

« D’autres cependant, dans le haut commandement, presque tous dans les rangs de l’armée étaient loin de poursuivre consciemment d’aussi égoïstes desseins. Ils n’ont accepté le désastre que la rage au cœur. Ils l’ont accepté, cependant trop tôt, parce qu’ils lui trouvaient ces atroces consolations : écraser, sous les ruines de la France, un régime honni ; plier les genoux devant le châtiment que le destin avait envoyé à une nation coupable. »

On comprend dès lors pourquoi certains parlèrent de divine surprise. L’Allemagne venait remettre de l’ordre, comme l’Amérique néolibérale aujourd’hui, dans la bergerie. Dans une bio de Rommel je lisais que ce dernier était convié à tirer le gibier par des propriétaires enchantés d’avoir grâce à lui expurgé le pays des espions de Moscou et du peuple un peu trop prolétaire. A l’époque on poursuivait le complot judéo-bolchévique comme aujourd’hui on chasse le complot russe, le hacker russe ou le champion Donald Trump. Le tout pour couvrir bien sûr le vrai complot qui a réussi, celui de l’Etat profond US, des Bilderbergs, de la poignée de multinationales qui se sucrent sur notre dos.


N.B.


Bibliographie


Revue Nouvelle solidarité – 28 juillet 2006, interview avec Annie Lacroix-Riz.


Annie Lacroix-Riz, le Choix de la Défaite, Armand Colin.


Bloch (Marc), l’Etrange défaite.


De Gaulle, Mémoires, III, p. 81.

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