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FÉVRIER 2017

L’extension de l’Empire et les folies ukrainiennes

par Charles SANNAT

Depuis le début des événements qui secouent l’Ukraine et qui sont assimilables en tout point à une guerre civile, c’est plus de 10 000 victimes qui sont à déplorer.

Cette guerre fratricide ukrainienne n’a évidemment aucun sens, comme beaucoup de conflits qui sont le résultat d’enjeux et de lutte de pouvoir qui dépassent généralement les peuples qui les subissent.


Pourquoi une guerre en Ukraine ?

Parce que l’Ukraine est sur une faille entre deux plaques tectoniques. La plaque européenne d’un côté et la plaque russe de l’autre. Au milieu ? Le tremblement de terre ukrainien.

L’Empire européen, qui n’est pas animé de bons sentiments mais d’une volonté farouche d’extension, a jeté son dévolu sur l’Ukraine, appuyé par son bras armé de mercenaires, à savoir l’Otan, qui ne représente désormais plus la défense des peuples dont sont issues ces armées mais bien les intérêts marchands de ce que je nomme le « totalitarisme marchand », c’est-à-dire quelques grandes et immenses entreprises multinationales.

Cette extension de l’Empire européen répond à une volonté d’expansion occidentale au sens large incluant donc les États-Unis et ayant pour objectif l’accaparement de ressources indispensables à la croissance économique.


Comprendre que toutes les guerres sont des guerres pour les ressources !

Si cela fut une des explications fondamentales de l’immense majorité des conflits dans l’histoire humaine, il faut bien comprendre que depuis le début des années 2000, les guerres menées et les conflits terribles qui déchirent certaines régions de la planète sont en réalité des guerres pour l’accès aux ressources.

Ces guerres sont des rapines, du vol en bandes organisées, et la bande… c’est l’Otan !

L’Otan qui est allé piller l’Afghanistan, région stratégique et nœud géographique pour d’éventuels pipelines, qui de surcroît est le principal producteur de drogue au monde et que cette drogue, disons-le pudiquement, circule très librement.

L’Otan qui est allé piller l’Irak en 2003.

L’Otan qui est encore allé piller la Libye.

L’Otan toujours dont le rôle est plus que trouble en Syrie.

L’Otan encore évidemment aussi en Ukraine.

Manœuvre militaire de l'Otan près de Iavoriv, dans l'ouest de l'Ukraine en septembre 2014.

Manœuvre militaire de l'Otan près de Iavoriv, dans l'ouest de l'Ukraine en septembre 2014


Une Ukraine riche de pétrole, de gaz de schiste, une Ukraine qui est géographiquement collée à la Russie, d’où sa position stratégique majeure pour les forces de l’Otan et enfin, une Ukraine qui a toujours été un grenier à blé dans lequel les grandes entreprises occidentales veulent à tout prix prendre pied.


Pourquoi ?


Parce que le système économique mondial a besoin de croissance économique. Sans croissance économique, pas de viabilité de ce système qui ne repose que sur la dette, c’est-à-dire sur des promesses futures d’enrichissement et de création de richesses.

Pour prospérer, ce monstre, que nous avons créé et que nous avons laissé se développer, a un besoin impérieux de ressources naturelles abondantes et peu coûteuses.

Sans énergie, sans pétrole, abondant et pas cher, sans matières premières minérales ou agricoles, le système ne peut pas tenir.

Or toutes ces ressources, tout ce sang indispensable à l’irrigation et à la vie de ce système se raréfient de façon dramatique depuis une vingtaine d’années.


Le choix désastreux des Bush ? Voler les ressources des autres !

Depuis donc presque 20 ans, nous vivons dans un monde dominé par les Américains, qui se servent de l’Otan comme d’un bras armé pour piller et voler les ressources de pays tiers et partager le butin avec leurs alliés.

Cette politique est par nature génératrice de guerres et de conflits incessants et violents.

La rupture majeure que peut apporter un Trump consiste aussi à mettre fin à cette approche unilatérale, pour favoriser un dialogue et un partage des ressources dans un cadre qui soit celui de la négociation et pas celui du conflit et de la force brute.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le conflit ukrainien, qui ne pourra trouver de résolution définitive qu’avec un accord diplomatique entre les deux géants que sont la Russie et l’Amérique.

Les pays occidentaux ont laissé le totalitarisme marchand, c’est-à-dire les grandes multinationales, voler la démocratie mais, encore plus grave, voler la paix mondiale pour assurer leurs propres profits.


La paix en Ukraine est liée à la volonté des parties à partager les ressources de façon équitable !

Il y a deux problèmes. Le premier c’est évidemment la volonté d’expansion de l’Otan dans la zone géographique d’influence russe, ce qui n’est pas acceptable par la partie russe, et c’est une situation dans laquelle nous n’aurions jamais dû aller, l’extension de l’Otan ayant une limite qui sera signifiée par la Russie et c’est le cas avec l’Ukraine et d’une autre manière avec l’intervention en Syrie. Mais paradoxalement, ce problème-là est assez simple à résoudre. Il suffit juste que les États-Unis changent de politique et décident de laisser la Russie en paix dans sa zone d’influence naturelle, ce qui serait largement suffisant pour entraîner une détente immédiate des relations.

Le deuxième problème, lui, est le véritable sujet crucial qui nous occupe depuis presque 20 ans, à savoir la manière dont on va ou pas partager les ressources équitablement entre l’ensemble des peuples de la planète et là, disons-le, c’est nettement plus compliqué.

La vraie question est de savoir si l’arrivée de Donald Trump au pouvoir va se traduire par un changement significatif sur cette manière d’envisager le partage des ressources au niveau mondial.

Si Trump change la donne, alors il est possible de se prendre à rêver d’un monde avec moins de conflits et plus de négociation.

Comme le disait Martin Luther King, « nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ». C’est évidemment valable pour le partage des ressources, et soit nous partageons les ressources comme des frères, soit nous allons tous mourir ensemble comme des idiots, comme les Irakiens, les Libyens, ou encore évidemment les Ukrainiens.


C.S.

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