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FÉVRIER 2016

Chronologie d'une mort annoncée - 1989-1990. Disparition de la NVA, pilier du pacte de Varsovie 1/3

par Alexandre WATTIN

La NVA1, pilier du pacte de Varsovie2

 « L’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement et d’ordinaire celui où il commence à se réformer » Tocqueville


Le 12 novembre 1955, jour du bicentenaire de Scharnhorst3, vit la création officielle de la Bundeswehr4, quelques mois plus tard la République Démocratique d’Allemagne5 créa la Nationale Volksarmee. En cette année du 60ème anniversaire de la création de la Bundeswehr les autorités civiles et militaires allemandes saisissent l’occasion pour faire un bilan sur cette toute jeune armée qui avait permis à la République fédérale d’Allemagne de rejoindre le concert des grandes nations occidentales tout juste dix ans après la défaite du régime nazi. Aujourd’hui la Bundeswehr fait partie intégrante de nombreuses unités bi et multinationales. Elle est engagée depuis quelques années dans des actions militaires hors de ses frontières en accord avec sa Constitution et ses engagements pris au travers des traités internationaux.


Mais le sujet que je vais aborder est assez original dans l’histoire militaire contemporaine pour qu’il mérite d’être relaté. 25 ans après la réunification allemande il convient de rappeler la façon remarquable dont les autorités politiques et militaires de l’Allemagne de l’Ouest ont pu, en l’espace de quatre années, désagréger et effacer un des outils militaires considérés comme l’un des plus puissant, du pacte de Varsovie. Cette lourde responsabilité fut confiée en 1990 au général Jörg Schönbohm qui, du jour au lendemain, se trouva le supérieur hiérarchique direct d’une armée qui était encore il y a quelques mois un des plus irréductibles adversaires de la Bundeswehr.

 

De la chute du mur 

A la stupéfaction de toutes les chancelleries diplomatiques en particulier et de la presse mondiale en général le 9 novembre 1989 les Berlinois prennent possession et font tomber le mur de Berlin6. Une zone sous tension depuis 1945 n’est plus qu’une simple frontière comme tant d’autres en Europe occidentale ! Après cette extraordinaire révolution pacifique se dessine clairement la détermination du peuple allemand de réaliser enfin le rêve de plusieurs générations : la réunification des deux Allemagnes. Toute à leur joie des retrouvailles une question fondamentale se pose subitement au sein des structures militaires des forces alliées occidentales: que va devenir la NVA, cette armée qui encore il y a quelques mois était qualifiée de fer de lance des troupes du pacte de Varsovie dont l’obligation principale était l’invasion de l’Allemagne de l’Ouest !


Création et missions de la NVA 

Le 18 janvier 1956 fut officiellement créée la nouvelle armée de la RDA en opposition directe à la toute récente Bundeswehr. Dès 1960 la NVA fut directement mise sous la tutelle du comité national de la défense composé du secrétaire général du Parti Est-allemand SED7 et des membres du comité central du Parti SED. Sur le modèle de l’allié soviétique la mainmise du SED sur la politique militaire générale de la NVA fut totale. En outre la commission pour la sécurité nationale du SED ainsi que le service pour la sécurité du comité central du SED ont également influencé la politique d’engagement militaire de la NVA. 

Toute la politique de défense fut ainsi imprégnée des directives du parti, lui-même conseillé par les instances soviétiques. Aussi, outre la défense du territoire de la RDA et du socialisme la NVA avait pour mission la défense du régime. Cette mission pris de l‘importance à la suite du soulèvement populaire du 16 juin 19538 où plusieurs entreprises se mettent en grève. Le 17 juin, l'agitation gagne très vite le reste du pays. Des centaines de milliers de personnes descendent dans les rues des principales villes de la RDA (Leipzig, Magdebourg, Dresde, etc.). Une foule de 60 000 personnes attaque les locaux de la police, conspue les dirigeants, incendie les sièges des journaux, etc. 


Walter Ulbricht9 décide alors de faire appel aux troupes soviétiques pour organiser la répression contre un soulèvement aussitôt qualifié de contre-révolutionnaire commandité par les occidentaux. Afin d'éviter à l'avenir de devoir recourir de nouveau aux services de l'armée soviétique devant une situation semblable la SED intègre dorénavant la NVA comme recours ultime de moyen de répression.


Depuis la Seconde Guerre Mondiale les cadres militaires est-allemands, dont la grande majorité sont issus de l’ancienne Wehrmacht, avaient gardé de nombreux éléments de leur passé militaire. Surnommés de « prussiens rouges », par leurs frères ennemis ouest-allemands, le corps des officiers et des sous-officiers de la NVA observait une discipline de fer et faisait subir à leurs soldats un entrainement rigoureux d’une armée offensive ce qui en faisait une armée particulièrement aguerrie et redoutable. 


La NVA devient au fil des ans un outil militaire particulièrement bien rodé qui n’avait rien à envier aux troupes de chocs de l’ancienne Wehrmacht. Ces dispositions étaient particulièrement bienvenues en pleine guerre froide10 et avec une force de l’ordre de 170 000 hommes ; elle était l’armée la plus puissante du pacte de Varsovie. Ainsi elle occupa en Europe une place stratégique fondamentale sur l’échiquier géopolitique de l’union soviétique. 


Glasnost et Perestroïka

L’arrivée en 1985 au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev11 marque le début de la Perestroïka12. Le nouveau leader russe jouit d’une grande popularité en Union soviétique mais aussi en Europe occidentale. Une des premières mesures prises dès l’arrivée au pouvoir a été la libéralisation partielle de la presse, plus connue sur le nom de Glasnost13. Le changement politique est considérable et en 1988, les premières manifestations anti-communistes ont lieu. 


En RDA comme ailleurs des velléités de démocratisation surgissent. Dès l’automne 1989 les citoyens de la RDA manifestent pacifiquement dans les rues pour fait part de leur mécontentement sur leur condition de vie. Ces manifestations appelées les « manifestations du lundi14 » ont lieu à Leipzig. Elles connaissent un succès foudroyant et le nombre de participants ne cesse d’augmenter et de s’étendre à d’autres villes de la RDA au grand dam des dirigeants du SED. 


Alors qu’en Chine populaire les manifestations de juin 198915 ont été réprimées dans le sang, il était à redouter une réaction similaire de la part des responsables politiques du SED et par conséquent de leur bras armé la NVA. Dès les premiers soubresauts populaires la NVA fut mise en état d’alerte sur une directive du ministre de la défense de la RDA Heinz Keßler16. Des éléments de l’armée furent mis à disposition pour soutenir les éléments de la sécurité intérieure et de la police afin d’éviter tout débordement. La veille des célébrations du 40ème anniversaire de la RDA17 la NVA n’était non seulement présente pour assurer la partie protocolaire des défilés militaires mais aussi pour assurer la sécurité des dirigeants du régime. Des unités d’intervention ont été mises en place sur plusieurs sites à risque dont les villes de Berlin et de Leipzig. Mais les festivités officielles ne se déroulent pas dans le calme. Dans tout le pays, des milliers de manifestants descendent dans la rue en exigeant avec force des réformes démocratique et revendiquent l'existence de nouveaux mouvements et partis. 


Le régime du SED réagit avec beaucoup de brutalité et les forces de l'ordre déploient leurs troupes. Ils Dans plusieurs villes les unités armées rouent de coups les manifestants. Les blessés et les arrestations sont nombreux. Dans la nuit du 4 au 5 octobre 1989 lors d’une manifestation à la gare centrale de Dresde la NVA intervient en support des forces de l’ordre mais à aucun moment il n’y eut utilisation d’armes à feu.


Des réformes tardives

Mais, au même titre que pour la population civile les bouleversements politiques et sociétaux, auxquels la RDA fut confrontée durant la période 1989-1990, n’ont pas été sans incidence sur l’armée. N’ayant plus les moyens financiers, ni la volonté politique de sauvegarder cette alliance militaire, Gorbatchev propose d’abroger le Pacte de Varsovie contre la dissolution de l’OTAN. 


Poursuivant sa politique de rapprochement avec l’Ouest et la démocratisation du communisme en Europe, Gorbatchev condamne la survie des « démocraties populaires18 » en Europe. Au mois de décembre 1989, Georges Bush19 et Gorbatchev déclaraient lors d’une rencontre à Malte20 que la Guerre froide était terminée au grand désarroi des dirigeants est-allemands. 


Cacique du mouvement et incapable de gérer cette nouvelle situation le ministre de la défense nationale Kessler démissionne en octobre 1989 son successeur devient l’amiral Theodor Hoffmann21. Celui-ci entreprend un certain nombre de réformes dont l’une, signe du temps, est de dissocier la direction politique de la direction militaire. La création d‘une commission pour la réforme militaire de la RDA quant à elle a pour but de traiter des affaires générales touchant au désarmement, aux alliances militaires et sur l’avenir de la RDA et du rôle que devait y jouer la NVA. 


La mise en place d’une nouvelle organisation du ministère de la défense, suivant les critères d’un état démocratique, a eu pour effet immédiat un trouble dans l’esprit des militaires. Sous le gouvernement Modrow22 d’autres réformes voient le jour tel que le contrôle parlementaire de la NVA par la chambre du peuple la RDA, la suppression des tribunaux militaires ainsi que la suppression du service du ministère de la sécurité d’État23, chargé de la surveillance des éléments de la NVA et des gardes-frontières. 


Mais les réformes présentées ne satisfont pas tous les militaires du contingent. Les décisions attendues en faveur de la troupe mettaient du temps à s’accomplir et on vit pour la première fois dans l’histoire de la RDA une grève au sein des casernes de la NVA. 

 

La première eut lieu le 1er janvier 1990 dans la garnison de Beeltits24, qui donna naissance à de nombreuses autres grèves dans diverses garnisons est-allemandes. Les améliorations demandées avait pour objet : la réduction du temps de conscription, la possibilité de faire un service civique, d’obtenir des affectations proche du lieu de résidence, d’avoir une semaine de 5 jours, obtenir une augmentation de la solde, une représentation professionnelle, la suppression des périodes obligatoire de travaux en faveur de l’industrie et de l’agriculture. Ces plaintes aboutirent et la majorité des revendications furent satisfaites.


Le 15 février 1990 tous les organes politiques au sein des armées sont supprimés. Mais il était déjà trop tard et le sort de la de la NVA lié à celui de la RDA était déjà scellé dans les esprits comme dans les faits…

(suite dans le prochain numéro de Sans Frontières)


A.W.


1La NVA, Nationale Volksarmee, traduit par « Armée populaire nationale », fut de 1956 à 1990 l'armée de la République démocratique allemande (RDA).


2Pacte de Varsovie: organisation militaire des pays socialistes d'Europe de l'Est fondée en 1955. Pacte de défense réciproque en cas d'agression, il comptait: l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), l'Albanie (jusqu'en 1968), la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, l'Allemagne de l'Est (jusqu'en 1990), la Roumanie et la Tchécoslovaquie. À la suite de l'éclatement de l'Union soviétique et des mouvements de démocratisation qui vont marquer l'Europe de l'Est, le Pacte de Varsovie sera dissous le premier juillet 1991. Le Pacte de Varsovie était le bras militaire du camp socialiste; il répondait, dans sa forme et sa puissance, à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, réunissant les pays occidentaux. Paradoxalement, les interventions militaires les plus remarquées du Pacte de Varsovie furent des répressions de mouvements de démocratisation d'Europe de l'Est (Exemple: Tchécoslovaquie en 1968).


3Gerhard Johann David von Scharnhorst (né le 12 novembre 1755 à Bordenau; mort le 28 juin 1813 à Prague) est un général prussien. Avec le comte August von Gneisenau, il réforma de façon décisive l’armée prussienne en instituant notamment une armée de réserve, qui augmentait notablement l’effectif potentiellement mobilisable. 


4Dénomination officielle de l’Armée Allemande à compter 22 février 1956.


5La République démocratique allemande ; en allemand : Deutsche Demokratische Republik ou DDR, également appelée Allemagne de l'Est, est un ancien État communiste européen qui a existé durant la seconde moitié du XXe siècle. La RDA a été créée le 7 octobre 1949 par les communistes et socialistes allemands sous l’autorité de l’URSS à partir de la zone d'occupation soviétique en Allemagne que l'Armée rouge occupait, en réponse à la transformation de la trizone en République fédérale d’Allemagne par les puissances occupantes occidentales. Berlin-Est, le secteur soviétique de la ville, en était la capitale.


6Le mur de Berlin (en allemand Berliner Mauer) « mur de la honte » pour les Allemands de l'Ouest et officiellement appelé par le gouvernement est-allemand « mur de protection antifasciste », est érigé en plein Berlin à partir de la nuit du 12 au 13 août 1961 par la République démocratique allemande, qui tente ainsi de mettre fin à l'exode croissant de ses habitants vers la République fédérale d'Allemagne. Le mur, composante de la frontière intérieure allemande, sépare physiquement la ville en Berlin-Est et Berlin-Ouest pendant plus de vingt-huit ans, et constitue le symbole le plus marquant d'une Europe divisée par le rideau de fer. Plus qu'un simple mur, il s'agit d'un dispositif militaire complexe comportant deux murs de 3,6 mètres de haut avec chemin de ronde, 302 miradors et dispositifs d'alarme, 14 000 gardes, 600 chiens et des barbelés dressés vers le ciel. Un nombre indéterminé de personnes sont victimes des tentatives de franchissement du mur. L'affaiblissement de l'Union soviétique, la perestroïka conduite par Mikhaïl Gorbatchev, et la détermination des Allemands de l'Est qui organisent de grandes manifestations, provoquent le 9 novembre 1989 la chute du « mur de la honte », suscitant l'admiration incrédule du « Monde libre » et ouvrant la voie à la réunification allemande. 


7En avril 1946, les soviétiques obligent les membres du Parti social-démocrate (SPD) et du Parti communiste allemand (KPD) en activité dans leur zone d'occupation à fusionner au sein d'un seul et unique parti marxiste-léniniste (dans les zones occidentales d'occupation, les instances de ces mêmes partis en activité n'étaient donc pas concernées par cette fusion) : le SED est alors fondé, son organisation étant calquée sur celle du Parti communiste de l'Union soviétique. En 1954, selon l'historien Jan Foitzik, il comptait 27 % d'anciens militants du parti nazi. Le SED garde le pouvoir en RDA jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989, sa prédominance ayant même été inscrite dans la constitution de 1968, statut qu'il perdra le 1er décembre 1989 (le 3 décembre suivant, l’ensemble du comité central démissionna).


8L’insurrection en Allemagne de l'Est est un soulèvement populaire qui éclate à Berlin-Est et dans le reste de la République démocratique allemande le 16 juin 1953, et se prolonge les jours et semaines suivantes. L’insurrection, la première de grande ampleur dans le bloc soviétique, s’est terminée par la complète déroute des manifestants et une sévère répression au sein de la société est-allemande. L’échec de ce que les autorités est-allemandes appellent « tentative de putsch «a contribué à fixer la partition de Berlin et de l’Allemagne et à stabiliser l’impopulaire gouvernement de la RDA. 


9Walter Ernst Paul Ulbricht (né le 30 juin 1893 à Leipzig, mort le 1er août 1973 à Döllnsee au nord de Berlin), membre du Parti communiste d'Allemagne puis du Parti socialiste unifié d'Allemagne. Il fut l'un des principaux dirigeants de la République démocratique allemande, en tant que secrétaire général du SED et président du Conseil d'État.


10La guerre froide est la période de tensions et de confrontations idéologiques et politiques entre les deux superpuissances que furent les États-Unis et l’Union des républiques socialistes soviétiques et, de manière plus large, entre les régimes communistes et l'ensemble des régimes non communistes. La guerre froide débute en 1947 et dure jusqu'en 1989, année de la chute des régimes communistes en Europe, ou jusqu'en 1991, année de l'implosion de l'URSS et de la dissolution du pacte de Varsovie.


11Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev parfois surnommé « Gorby », né le 2 mars 1931 à Privolnoïe dans l'actuel kraï de Stavropol, est un homme d'État soviétique qui dirigea l'URSS entre 1985 et 1991. Résolument réformateur, il s'engagea à l'extérieur vers la fin de la guerre froide, et lança à l'intérieur la libéralisation économique, culturelle et politique connue sous les noms de perestroïka et de glasnost. Impuissant à maîtriser les évolutions qu'il avait lui-même enclenchées, sa démission marqua le point final de l'implosion de l'URSS, précédée de deux ans par l'effondrement des régimes communistes en Europe de l'Est.


12La perestroïka, qui signifie : reconstruction, restructuration ; est le nom donné aux réformes économiques et sociales menées par Mikhaïl Gorbatchev en URSS d'avril 1985 à décembre 1991.


13La glasnost, traditionnellement traduit par transparence est une politique de liberté d'expression et de la publication d'informations qui s'amorça par l'accident nucléaire de Tchernobyl puis fut portée en URSS par Mikhaïl Gorbatchev à partir de 1986.  


14Les « Montagsdemonstrationen » (manifestations du lundi) sont un élément essentiel du tournant décisif imposé à leur gouvernement en automne 1989, par les citoyens opposés au régime communiste. Le slogan « Wir sind das Volk ! » (Nous sommes le peuple !) a rassemblé, semaines après semaines, des centaines de milliers d'habitants en protestation contre la politique du gouvernement et contre le système alors en place, d’abord à Leipzig, puis dans de nombreuses villes de RDA.


15Les manifestations de Tian'anmen se déroulèrent entre le 15 avril 1989 et le 4 juin 1989 sur la place Tian'anmen à Pékin. Elles se sont conclues par une vague de répression, parfois englobée sous l'expression de massacre de la place Tian'anmen. Elles prirent la forme d’un mouvement d'étudiants, d'intellectuels et d'ouvriers chinois, qui dénonçaient la corruption et demandaient des réformes politiques et démocratiques. La contestation s'étendit à la plupart des grandes villes, comme Shanghai, et aboutit à Pékin à une série de grandes manifestations et de grèves de la faim organisées sur la place Tian'anmen. Après plusieurs tentatives de négociation, le gouvernement chinois instaura la loi martiale le 20 mai 1989 et fit intervenir l'armée le 4 juin 1989.


16Heinz Keßler, né le 26 janvier 1920 à Lauban (aujourd'hui Lubań, en Pologne) était un général et homme politique est-allemand. De 1985 à 1989, il est ministre de la Défense nationale au sein du gouvernement de la RDA. Il est également membre du Bureau politique du Comité central du SED et député à la Volkskammer. Condamné après la réunification pour son rôle dans les crimes commis par la dictature, il est condamné à sept ans et demi de prison. Il purge sa peine à la prison de Hakenfelde et il est libéré en 1998.


17Le 7 octobre 1989 a lieu l'habituelle cérémonie officielle pour le 40e anniversaire de la RDA au palais de la République, le Palast der Republik, à laquelle le premier secrétaire et chef d'État Erich Honecker avait convié de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement de pays alliés. 


18Démocratie populaire est un terme issu du lexique politique communiste pour distinguer les États communistes des démocraties libérales, que les communistes désignent plutôt sous le terme de « républiques bourgeoises » ou de « pays capitalistes ». Démocratie populaire a été utilisé pour qualifier les régimes dictatoriaux d'inspiration marxiste-léniniste, essentiellement ceux apparus après la Seconde Guerre mondiale dans les pays d'Europe centrale et orientale libérés, puis occupés par l'URSS, et composant l'ensemble connu sous le nom de Bloc de l'Est. Le terme a notamment été utilisé à but de propagande intérieure et extérieure par les États concernés.


19George Herbert Walker Bush, plus couramment appelé George Bush père, né le 12 juin 1924, est un homme politique américain. Membre du Parti républicain, il est d'abord vice-président sous Ronald Reagan entre 1981 et 1989. En 1988, il devient le 41e président des États-Unis. Il entrera en fonction le 20 janvier 1989. Battu par Bill Clinton en 1992, il quitte la Maison-Blanche lors de l'Inauguration Day le 20 janvier 1993. Il est le père de George W. Bush.


20Le sommet de Malte est une réunion entre le président américain George H. W. Bush et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev qui a eu lieu les 2 et 3 décembre 1989, quelques semaines après la chute du mur de Berlin. Pendant ce sommet, Bush et Gorbatchev déclarent mettre fin à la guerre froide. Aucun document n'a été signé lors du Sommet de Malte. Son but principal était de fournir aux deux superpuissances, les États-Unis et l'Union soviétique, l'occasion d'échanger des points de vue et d'apprécier les changements rapides qui venaient d'avoir lieu en Europe avec la chute du rideau de fer. Ce sommet marque la fin officielle de la guerre froide et des tensions dans les relations Est-Ouest. Le sommet de Malte de 1989, a marqué un renversement de la plupart des décisions prises en 1945 lors de la conférence de Yalta.


21Theodor Hoffmann, né le 27 février 1935 à Kuhlen-Wendorf (Mecklembourg) était un amiral et homme politique est-allemand. De 1987 à 1989, il dirige la Volksmarine. De 1989 à 1990, il devient ministre de la Défense nationale au sein du gouvernement de la RDA puis commandant de la NVA avant sa dissolution.


22Le cabinet Modrow était le gouvernement de la République démocratique allemande du 13 novembre 1989 au 12 avril 1990. Dirigé par le Ministre-président socialiste Hans Modrow, membre du courant réformateur, il était initialement soutenu par le Front national, constitué du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED), l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le Parti libéral-démocrate d'Allemagne (LDPD), le Parti national-démocrate d'Allemagne (NDPD) et le Parti paysan démocratique d'Allemagne (DBD).Succédant au dernier cabinet dans les jours qui suivent la chute du mur de Berlin, le cabinet Modrow est l'avant-dernier gouvernement de la RDA et le dernier dominé par les communistes du SED. À compter du 5 février 1990, il devient le premier gouvernement réellement multipartite du pays avec la nomination de huit ministres sans portefeuille représentant autant de partis et mouvement d'opposition. Le 18 mars, les premières et dernières élections libres de la RDA sont largement remportées par l'Union chrétienne-démocrate et, le 12 avril, le cabinet Modrow laisse la place au cabinet de Maizière, dernier gouvernement de la RDA avant la réunification allemande.


23Le ministère de la Sécurité d’État (Ministerium für Staatssicherheit, MfS), dit la Stasi (abréviation de Staatssicherheit), était le service de police politique, de renseignements, d'espionnage et de contre-espionnage de la République démocratique allemande créé le 8 février 1950. Sous tutelle du gouvernement de la RDA, la Stasi était désignée comme « le glaive et le bouclier du parti » (« Schild und Schwert der Partei ») par la propagande du régime. Entre 1950 et 1989, la Stasi comptait dix-sept prisons préventives où étaient internés les détenus Au moment de sa dissolution, elle comptait environ 91 000 agents officiels et 175 000 informateurs, soit 1 % de la population est-allemande. La Stasi comportait donc 266 000 agents et constituait une surveillance très présente et très efficace mais certains services et certains employés étaient chargés de tâches sans rapport avec la surveillance.


24Au sein d’une des unités d’élite de la NVA à Beelitz quelques soldats avaient demandé à leurs supérieurs d'être autorisés à trinquer avec un verre de mousseux au Nouvel an. Devant le refus catégorique les soldats commencèrent à se révolter contre les conditions dans lesquelles ils devaient subir l’autorité militaire. Après avoir dressé une liste de revendications, qui a été effectivement destiné aux supérieurs; un appel à la grève fut lancé et suivi. Et l'étincelle de Beelitz pris soudainement de l’importance et partout: à Rostock, à Schwerin et Erfurt, à Cottbus, Basepohl, Neuseddin, Saßnitz et Warin les soldats refusèrent d’obéir. Considéré comme une «mutinerie» les soldats encouraient en vertu de l'article 259 de la procédure de justice militaire de NVA d’un emprisonnement pouvant aller jusqu'à huit ans. Mais aucune suite ne fut donnée à cette révolte pacifique.

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