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FÉVRIER 2016

Jacques Clostermann et Josy-Jean Bousquet pour témoigner... 

Du 11 au 14 janvier, trois Français sont venus à titre privé pour établir un premier compte-rendu de la situation dramatique dans laquelle se trouve la République populaire du Donbass. Jacques Clostermann, président du parti « Mon Pays la France » et fils de l’écrivain et as des as de l’aviation française durant la Seconde Guerre mondiale, accompagné de l'avocat Josy-Jean Bousquet, avocat des droits de l'homme et de son épouse, sont venus en RPD avec deux objectifs celui de collecter des témoignages et des épreuves sur les exactions commises par les forces ukrainiennes dans le Donbass et celui d’être précurseurs d’une délégation française officielle qui permettra de dénoncer officiellement ces crimes. 

Arrivés le 11 janvier, les trois observateurs français, sous la houlette des Ministères de la Défense et des Affaires étrangères de la RPD, se sont engagés dès le lendemain dans un marathon de 3 jours où les visites de terrain se sont enchaînées aux réunions avec les autorités et aux rencontres avec la population.

Le 12 janvier, accompagné du Commandant en second des forces républicaines de Donetsk, Edouard Bassourine, ainsi que par des représentants du Ministère de la Défense et du Ministère des Affaires étrangères, les trois observateurs français sont conduits dans les ruines enneigées de l’aéroport de Donetsk et des alentours, où à l’issue d’une bataille acharnée, l’hiver dernier, les forces ukrainiennes sont parties en déroute. Cet aéroport qui venait d'être entièrement modernisé a été détruit principalement pour son importance stratégique mais également pour le symbole de développement et de dynamisme du Donbass qu’il pouvait représenter.

Jacques Clostermann et Josy-Jean Bousquet sont sous le choc, car jamais cette vision apocalyptique du Donbass n'a été rapporté par les médias français et il leur est difficile d'accepter, que 70 ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale, de telles horreurs puissent encore exister au cœur de l’Europe. La délégation réalise ici ses premières rencontres avec les acteurs de ce terrible conflit et recueille avec attention le témoignage des soldats en poste sur cette partie de l'aéroport, qui témoignent sans haine de leur résistance face à l'agression menée contre leurs familles.

La délégation se rend ensuite au monastère de femmes bombardé en 2014 par les ukrainiens lors de leur assaut sur le Nord de la ville... L'intensité des bombardements réalisés sur ce sanctuaire religieux, leur fréquence, et leurs munitions au phosphore blanc régulièrement utilisées par les soudards de Kiev, prouvent de toute évidence qu’il ne s’agit pas d’un « dommage collatéral » mais bien à un acte intentionnel de destruction qui souligne cette volonté de détruire les racines et les symboles de l'identité d'un peuple. 

Les trois hôtes de la RPD ont pu ensuite parler à des habitants vivants dans les ruines dévastées du front, notamment Vladimir et son épouse vivant sans eau, gaz et électricité et qui ont accueillis la délégation jusque dans leur logis.

Jacques Clostermann ne cache pas son émotion : « Aujourd'hui, nous avons vu des infrastructures civiles sévèrement touchées. Une des habitations de la localité d'Oktyabrsky (un ancien immeuble résidentiel de cinq étages) a été bombardée environ 40 fois. Il est impossible de toucher autant de fois des cibles civiles par accident » et d’ajouter « Les gens habitent dans des caves, avec des enfants. Nous avons vu des villes où il n'y a plus de chauffage. Ils vivent dans des conditions extrêmement précaires, mais ils ont beaucoup de courage ».

L’émotion était également au rendez-vous dans les ruines de Debaltsevo et d’Uglegorsk où la délégation a été reçue par les autorités municipales. Au milieu des maisons en ruine, des impacts de balles et d’éclats d’obus, des routes défoncées par les bombardements, le plus émouvant fut certainement les échanges qu’ils purent avoir avec les habitants, des témoignages poignants de braves gens, les larmes aux yeux, racontant leur survie, les bombardements, la folie meurtrière des soldats ukrainiens, les saccages, les pillages sans fin, les meurtres gratuits et les insultes et menaces de mort.

Uglegorsk fut la dernière étape de cette première journée, petite ville de 7500 habitants au Nord de Donetsk qui a particulièrement subi le feu de l'artillerie ukrainienne. Au-delà des témoignages recueillis, la délégation a pu apprécier la chaleur des habitants de cette petite ville qui leur offrir l’hospitalité autour d'un buffet.

Interrogés sur leurs impressions de cette première journée, Jacques Clostermann constate : « Ce matin, nous étions près de la ligne de front. Nous avons entendu des tirs. Mais il s'avère que les tirs se produisent le plus souvent la nuit. Or, nous avons appris que les missions de l'OSCE s'effectuaient le jour. Donc, les gens qui sont là pour inspecter, pour regarder ce qui se passe ici sur le plan militaire, ils ne sont pas là lorsque les tirs ont lieu ». En outre, il se dit terrifiés par certains faits rapportés : « J’ai du mal à le dire, mais un char d'assaut qui arrive dans la ville et qui se met à tirer partout, des hommes de troupes qui souvent sont sous l'effet de l'alcool… ».

Le lendemain, 13 janvier, après la participation à la table ronde « guerre de l'information internationale contre les RMR: méthodes et formes de lutte » au cours de laquelle fut évoqué notamment le blocus médiatique que subit le Donbass, les trois Français sont allés à la rencontre avec des bénévoles français de l'armée de la République Populaire du Donbass puis sont allés rencontrer des acteurs hospitaliers de l’hôpital de traumatologie de Donetsk.

Jacques Clostermann a salué l’engagement des Volontaires français aux côtés des soldats de la République de Donetsk, en illustrant ses propos par des vers cités de mémoire de Charles Péguy :

Mère voici vos fils qui se sont tant battus.


« Mère voici vos fils et leur immense armée.

Qu'ils ne soient pas jugés sur leur seule misère.

Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre

Qui les a tant perdus et qu'ils ont tant aimée. »


Ces volontaires français qui ne comptent plus les signes de croix et les accolades reçus au détour d'un chemin, ou dans un magasin lorsque les habitants étonnés veulent les remercier de leur présence et de leur engagement à leurs côtés.

Depuis 2014, environ 25 français sont venus combattre librement dans le Donbass... Certains sont repartis vers d'autres destinées, d'autres sont restés ou en approche. Au côté de leurs camarades espagnols, irlandais, belges, allemands etc... Ils expriment dans leur engagement symbolique une solidarité des peuples d'Europe qui est naturelle et plus forte que les alliances vénales de leurs gouvernements.

C'est la première fois que des Français, en dehors des médias, viennent dans le Donbass pour y rencontrer les volontaires qui depuis plusieurs mois représentent une France libre au sein des Forces Armées de la République de Donetsk.

En cette fin de seconde journée, les trois observateurs ont pu rencontrer le Docteur Vadim Onoprienko, médecin en chef de l’hôpital de traumatologie qui s’est chargé de faire visiter les locaux et d’expliquer les difficultés de l’hôpital. Des milliers de blessés ont été soignés ici, des milliers d’amputations, quelques dizaines d’enfants, dont la plus jeune amputée était une petite fille de trois semaines.  

Durant la dernière journée passée à Donetsk, les trois Français ont pu assister à une réunion avec le Conseil chargé de recenser les crimes de guerre commis par les forces ukrainiennes, suivie d’une visite du Musée de la Grande Guerre patriotique de Donetsk en compagnie d’Edouard Bassourine, Commandant en Second de l’Armée républicaine de Donetsk. La délégation a ainsi pu voir une exposition des matériels et armes utilisées par les Ukrainiens contre le peuple de Donetsk : missiles Totchka-U, Smertch, Ouragan, rockets de Grad, obus de mortiers et d’artillerie de tous les calibres, sans parler des sous-munitions, bombes à fragmentation, au phosphore ou thermo-barriques. 

Jacques Clostermann et Josy-Jean Bousquet ont enfin participé une conférence de presse où ils ont pu faire état à la fois de leurs observations et évoquer de leurs projets une fois retourné en France.  

Durant ces trois jours de marathon, le tandem a pu réellement voir le plus terrible de la guerre ethnique et cruelle que mène l’Ukraine contre les russophones du Donbass. Mais cette visite privée est un signe d’espoir et sera sans doute l’avant-garde d’une prochaine délégation plus forte en nombre, de diverses personnalités politiques ou privées, les projets fleurissant aussi autour de l’aide qui pourrait être apportée à la région et la cause de la Liberté du Donbass. 

Maître Josy-Jean Bousquet s’est dit « prêt à aider pour qu’un jour les criminels soient jugés en bonne et due forme, l’avocat doit se trouver là où l’on a besoin de lui, le terme avocat signifie en effet l’homme que l’on peut appeler (à l’aide) et nous ferons notre possible en France pour retransmettre la vérité ». 

Quant aux impressions du président de « Mon Pays la France », Jacques Clostermann se dit frappé par deux choses : « La première c'est l'intensité des destructions d'œuvres publiques, des ponts, des routes qui étaient évidemment des ouvrages à caractère stratégique. Mais nous avons également été frappés de voir combien d'ouvrages qui n'avaient aucun intérêt militaire ont été détruits avec acharnement. Je parle d'un couvent, d'une église, d'un cimetière, je parle d'habitations de pauvres gens, d'immeubles dont l'un a été bombardé 42 fois ». Selon lui, la seule chose que souhaitent les habitants du Donbass, c'est qu'on les laisse tranquilles. « Les gens disent: laissez-nous tranquilles, nous étions bien ici, nous avons envie de continuer à parler russe (…) parce que nous nous sentons Russes depuis des générations », relate Jacques Clostermann.

La rédaction de « Sans Frontières » salue le courage de ces deux Français et de la compagne marocaine de Monsieur Bousquet qui à leurs propres frais ont entrepris ce long voyage périlleux et ont osé briser le blocus imposé par Bruxelles et Washington pour venir par eux-mêmes observer et rendre-compte de la réalité de cette guerre abjecte qui frappe le cœur de l'Europe… Ils sauront, n’en doutons pas, contribuer à fragiliser l’omerta des médias français sur la réalité du drame du Donbass, des massacres et des tueries orchestrées par Kiev et du triste soutien des Euro-atlantistes.

La rédaction de « Sans Frontières » remercie par ailleurs Laurent Brayard et Erwan Castel pour les précieux témoignages qu’ils ont pu collecter durant le séjour des trois observateurs français.

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