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JANVIER 2016

Réflexions franco-allemandes

par Alexandre WATTIN

Les informations recueillies, durant mes quatorze années d’activités comme président de l’ORFACE, conjuguées à mes très nombreux entretiens avec de multiples personnalités de part et d’autre du Rhin, m’amènent à exposer mes craintes quant au futur de la relation franco-allemande en Europe. 

L’ensemble de la société civile franco-allemande tire la sonnette d’alarme : Il est fondamental de relancer, et faire redécouvrir les nombreuses institutions crées depuis 1963 afin de permettre au plus grand nombre de se rendre compte de l’existence de ce formidable maillage associatif bilatéral. Le constat est alarmant pour beaucoup de Français et d’Allemands il n’existe plus, à vraiment dire, de dialogue entre les acteurs institutionnels et non institutionnels de nos deux pays, en effet les échanges se limitent dorénavant eux échanges formels et le supplément d’âmes qu’apportaient les anciens sommets franco-allemands avec leur cortège de visite et de bains de foule n=sont du domaine du passé.
Au niveau des échanges entre les Länder allemands et les collectivités territoriales françaises le constat est moins sévère mais risque fort de connaitre le même sort dans le cadre de la réforme territoriale engagée depuis peu et qui redessine le visage des entités régionales françaises.
Souvenons-nous. La création en janvier 2003 du secrétariat général pour les affaires franco-allemandes avait été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme, en ce qu’il devait donner plus de poids aux structures de la société civile franco-allemandes et soutenir les nombreuses actions en faveur du rapprochement bilatéral. La société civile du rapidement déchanter …..

Chronique d’une mort annoncée : la mise en sommeil de la commission interministérielle France Allemagne

Il est indispensable de revenir en quelques lignes sur le rôle incontournable qu’occupait, jusqu’en juillet 2003, dans la bonne marche de la coopération bilatérale, la Commission Interministérielle de Coopération France Allemagne avant sa mise en sommeil. 
En effet et bien avant l’Office franco-allemand pour la jeunesse, celle-ci fut la première institution bilatérale qui fut officiellement instituée par le Traité de l’Élysée. L’Article 4 du chapitre I du Traité de l’Élysée a institué et défini, en ces termes, le rôle de la Commission créée dans chaque pays : « Dans chacun des deux pays, une commission interministérielle sera chargée de suivre les problèmes de la coopération..» (cf. le texte du traité).
Durant de très nombreuses années le rôle de la Commission a été relativement moindre. Ce n’est qu’à partir de 1986 qu’elle a su prendre son véritable départ. A une époque où les coopérations sectorielles, entre les deux pays, étaient devenues extrêmement dense et variée, on a su tirer pleinement parti du fait qu’il y avait un coordinateur dans chaque pays et que ces précurseurs du « couple franco-allemand » étaient en complète symbiose. Ce lien direct et étroit tissé entre la Commission, et ses divers collègues allemands a permis de mener de véritables actions communes et de soutenir des initiatives conjointes.
Le Président et son homologue allemand, étaient invités à participer, comme membre de droit, aux Sommets franco-allemands partie peu connue du grand public où ils défendaient les intérêts de la société civile. Ils avaient le privilège de clôturer le Conseil par une déclaration finale. Structure modeste en moyen mais néanmoins efficace par l’engagement de tous les acteurs externes et internes, elle était devenue la plaque tournante des relations entre les Cabinets ministériels et le monde de la société civile franco-allemand. 
Pour des raisons évidentes d’organisation, de préparation, et par manques d’effectifs, des dossiers thématiques relevant de la diplomatie en sens propre du terme relevaient de la Direction Europe du Ministère des affaires étrangères avec laquelle la CICFA entretenait d’excellentes relations. Cette séparation de responsabilités a permis à la Commission d’agir dans un cadre très large de coordination. Dans son rôle interministériel, la Commission réunissait des hauts fonctionnaires (chargé de suivre les affaires franco-allemandes) des différents départements ministériels. Ces réunions informelles réunissaient à cette occasion les responsables désignés sur des thèmes relatifs aux problèmes des deux pays. Deux réunions annuelles étaient prévues et consacrées à l’étude de la coopération dans les divers domaines bilatéraux.
La Commission a toujours su s’adapter à l’évolution des relations. Les relations privilégiées qu'entretenaient la Commission avec l'ensemble de la société civile et les administrations et personnalités allemandes permettaient à celle-ci de jouer un rôle discret mais très important dans l’intensification des relations entre la France et l’Allemagne.

Ses missions se définissaient ainsi :

  • Jouer un rôle d’observateur de la situation intérieure de l’Allemagne sur l’état de la relation franco-allemande ;
  • Servir d’interface entre les pouvoirs publics d’une part, les collectivités territoriales et les associations impliquées dans des activités de coopération avec leurs homologues allemandes ;
  • Entretenir le dialogue avec les responsables allemands et français par des contacts et des entretiens informels ;
  • Prendre la température des relations bilatérale en animant une réflexion sur la relation franco-allemande ;
  • Organiser des réunions sectorielles pour évoquer les sujets de la coopération franco-allemande d’actualités ; propose le cas échéant la mise en œuvre d’actions et de mesures nouvelles pour renforcer cette coopération qu’elle qu’en soit le domaine ;
  • Participer aux commémorations et intervenir au sein des associations pour leur venir en aide ;
  • Travailler en étroite coopération avec l’OFAJ et les autres grandes institutions franco-allemandes ;
  • Rédiger le rapport destiné au Président de la République, au Premier Ministre dans lequel il fait état de son analyse de la situation politique, économique, culturelle et sociale en Allemagne, telle qu’il l’a perçue au cours de ses déplacements et à l’occasion de ses rencontres avec ses différents interlocuteurs.

La pertinence des analyses de la Commission et le travail fourni ont conduit le Président Chirac et le Chancelier Schröder à faire jouer aux deux Coordinateurs un rôle complémentaire au service des nombreux acteurs de la coopération civile. Ainsi le Président et ses collaborateurs se rendaient régulièrement en Allemagne où ils rencontraient des représentants des milieux politiques, parlementaires, économiques ; culturels et associatifs.
A l’occasion des Sommets franco-allemands de Potsdam (novembre 1998) et de Toulouse (mai 1999), le Président de la République et le Chancelier avaient mis l’accent sur l’importance de l’implication de la société civile dans le développement de la coopération bilatérale et des relations entre les deux pays et ont orienté la mission des deux coordinateurs vers un rôle de mobilisation et d’encouragement des sociétés civiles des deux pays, notamment les milieux associatifs et les collectivités locales à travers les jumelages, et de relais entre celles-ci et les pouvoirs publics. Dans le cadre de cette nouvelle mission, de nombreuses initiatives avaient été prises :

  • l’adoption de mesures destinées à mieux prendre en compte en France la spécificité allemande ;
  • le renouvellement des formules d’échanges entre les deux sociétés ;
  • l’ouverture à une dimension européenne, voire internationale, de la coopération franco-allemande, sans pour autant banaliser les échanges bilatéraux.

L’établissement de nouvelles solidarités franco-allemandes dans le domaine de la communication avaient permis de confier aux coordinateurs, la responsabilité éditoriale et le suivi du site Internet « réseau franco-allemand » inauguré lors du Sommet de Toulouse. 
Confronté à un certain nombre de problèmes techniques et administratifs ce site n’a pu être opérationnel qu’à compter de 2003. La CICFA a par ailleurs contribué à l’organisation et participé à d’innombrables réunions de travail, de colloques d’experts, de conférences et de manifestations dans des domaines aussi variés que ceux de la culture, de l’éducation, de la promotion du français en Allemagne et de l’allemand en France, du sport, des échanges de jeunes, de la santé, de la défense, de la politique sociale, fiscale, commerciale et de l’emploi, du devoir de mémoire, etc.
La Commission entretenaient d'excellents rapports avec le bureau, de la regrettée, Brigitte Sauzay conseillère pour les affaires franco-allemandes auprès du Chancelier Schröder, notre Ambassade à Berlin et tous les postes consulaires en Allemagne. 
Une place particulière occupait les relations très amicales avec le Ministre plénipotentiaire allemand en charge de la culture ainsi qu’avec les services de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Cet ensemble de mesures permettaient, par un réseau très dense basé sur un vieux relationnel, de remplir le rôle qui lui est dévolu au sein des structures intervenant dans la coopération franco-allemande Par sa participation à des manifestations d’amitié franco-allemandes, par sa présence active sur le terrain elles furent très utiles et fort appréciées.
C'est le champ d’intervention privilégié de la commission, s’investir très largement, à travers toutes les régions de France, en direction de la société civile franco-allemandes, afin d’être à l’écoute de leurs projets et de leurs besoins.
Cette ouverture permettait d’étendre les activités de contacts, pour les élargir au niveau national dans les deux pays afin de donner encore plus de poids. Toutes ces actions rondement menées et le remarquable travail fourni n’ont malheureusement abouti qu’à créer une supra structure binationale qui n’a aucun lien avec la société civile et ne sert qu’à préparer les conseils des ministres bilatéraux.

Des jumelages franco-allemands

L’existence de la grande majorité des comités de jumelages, et partenariats bilatéraux associatifs, remonte aux années d’après-guerre. Ces comités de jumelage ont été le point de rencontre entre le passé et l’avenir, à une époque où le travail de mémoire passait par le souvenir et le travail de réconciliation, initié officiellement par le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer dès 1958. 
Mais c’est d’abord par le rapprochement culturel que les individus se sont associés de part et d’autre du Rhin ; y compris dans les associations d’anciens combattants, ensuite les partenariats ont souvent trouvé un degré supplémentaire d’homogénéisation au niveau communal quand se perfectionnent les jumelages ; la coopération transfrontalière ; puis les actions menées par la communauté des militaires français et leurs familles en poste au sein des Forces françaises en Allemagne entre 1945 à 1999.
Il n’est pas question de remettre en cause l’impérieuse nécessité d’alors qui consistait à tout faire pour rapprocher les citoyens des deux rives du Rhin pour réconcilier deux peuples traumatisés par la affres de la seconde guerre mondiale mais de « réveiller » la société civile franco-allemande par des projets novateurs.
En effet le réseau franco-allemand, dans sa dynamique contemporaine, reste encore un vaste atelier de travail pour le futur. 
En pleine crise identitaire et économique les relations des deux populations devraient être une réponse coordonnée aux défis de la mondialisation. 
On constate trop souvent encore que la majorité des comités de jumelage est restée marquée par l’œuvre de mémoire et s’est limitée aux échanges et voyages traditionnels du XXe siècle au lieu d’élargir la relation bilatérale à d’autres projets plus en harmonie avec les intérêts des populations.
Les élargissements successifs de la construction européenne auraient dû amener de nombreuses communes à développer une projection sur les nécessités sociales de l’élargissement de la post réconciliation. Mais les acteurs de terrains vieillissant semblent souvent démunis dans leur perception de ce qu’est la coopération franco-allemande et le devenir d’une société européenne en pleine mutation.
On peut néanmoins affirmer qu’il y eu, depuis les années 90, interaction et que l’élan bilatéral a stimulé la projection européenne, laquelle l’a nourri en retour au fur et à mesure des progrès des élargissements. L’enjeu est de taille, car il existe encore un potentiel extraordinaire de dialogue avec notre premier partenaire politique et commercial en Europe. Il est donc absolument indispensable de donner un lustre particulier aux jumelages franco-allemands.
Il en existe de très actifs qui développent et encouragent des actions non seulement dans les domaines éducatif et culturel, mais aussi en direction d’un partenariat à haute valeur ajoutée économique et industriel. Ces jumelages, diffusant leur dynamique à l’échelle d’un Land et d’une région toute entière, illustrent la mutation d’un jumelage moderne et actif, contrastant avec les jumelages d’entités urbaines plus réduites où l’on en reste à des rencontres d’élus, activités freinées par le difficile renouvellement des responsables de comité de jumelage et sans relais du côté des entreprises. 

Relancer les formules d’échanges

Les performances du mouvement associatif franco-allemand ne doivent pas se mesurer en nombre de jumelages mais bien par le nombre de rencontres et de projets communs. De nouvelles pistes seraient d’élargir l’ensemble des échanges franco-allemands non seulement au sein des comités de jumelage ; aux associations ; aux écoliers mais également aux services incendie, des forces de sécurité, aux services administratifs, aux sous-préfectures, aux unités de police etc. 
Il faudrait absolument diversifier les modalités de coopération et d’échanges. Au même titre que les échanges entre les gouvernements respectifs, il faudrait trouver de nouveaux chantiers de coopération et enrichir les rencontres existantes en impliquant de nouveaux partenariats (chambre de commerce, de métiers, agence de tourisme, etc.)
Rajeunissement des cadres bénévoles

On constate que dès qu’un dirigeant ou fondateur d’un comité de jumelage laisse sa place, ou cesse d’être actif, le partenariat se réduit à des contacts plus formels, avec une moindre adhésion des populations. 
Ce problème récurrent est un souci touchant l’ensemble du monde associatif. Force est de constater que privé de soutien le réseau associatif franco-allemand est en voie d’extinction, en raison de l’étranglement de la pyramide des âges. Les associations franco-allemandes éprouvent d’énormes difficultés à trouver de jeunes bénévoles qui ne soient pas effrayés par les responsabilités. 
Le volontariat associatif franco-allemand, au sein des comités de jumelages, atteint ses limites en bénévoles d’une part et financières d’autre part. Autant l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse peut amener des aides en direction de la jeunesse tant les activités touchant les adultes sont vouées à la recherche de mécènes et sponsors sans réelles chances de succès.
Outre le vieillissement des cadres dirigeants ce phénomène ne doit pas détourner l’opinion de la question centrale qui est celle du financement des associations. La création d’un fond franco-allemand pour les adultes tel que proposé par l’ORFACE serait une piste à suivre.

Fond franco-allemand pour la société civile

La question du financement est posée de façon claire et récurrente. L’ORFACE a fait une proposition en ce sens sur les moyens pratiques qui pourraient être mis à disposition du réseau informel franco-allemand. 
La création d’un véritable fond franco-allemand pour les adultes destinés à l’ensemble des acteurs de la coopération bilatérale dans toute la France et en Allemagne serait un signe fort de la part des pouvoirs publics en direction de la société civile. 
Sachant qu’une solution consisterait à additionner l’ensemble des budgets voués aux relations bilatérales tels que de la : FEFA, Fonds culturels, Prix de Gaulle Adenauer etc… Une fois réunie la totalité de ses fonds pourraient être géré par la Fondation de France dans des conditions qui resteraient à définir.

La langue

Prenons la question récurrente touchant à l’apprentissage de la langue du partenaire. Bien qu’elle ne laisse pas d’inquiéter les gouvernements respectifs : l’apprentissage du français en Allemagne reste très faible (même dans des Länder frontaliers). 
Quant à l’allemand en France il enregistre une constante diminution et ce n’est pas l’épiphénomène de Tokyo Hôtel qui y avait changé quelque chose. Il apparaît qu’aucune solution n’ait été trouvée durant toutes ces années alors qu’il existe des pistes inexplorées qui peuvent faciliter et rendre plus ludique, auprès des jeunes, l’intérêt pour la langue de chaque partenaire.
A cause de la récession de l’enseignement de l’allemand en France et du français en Allemagne de nombreuses rencontres franco-allemandes s’effectuent désormais à travers l’usage d’un anglais approximatif, qui creuse le fossé culturel. Tous considèrent que seule une intervention des pouvoirs publics peut donner un nouveau souffle à l’apprentissage de la langue du partenaire.
Les campagnes d’information auprès des jeunes et leurs parents, sur les modèles engagés au lendemain des différents sommets franco-allemand, n’ont pas eu le succès escompté faute d’une politique volontariste de la part des deux gouvernements.
Pour stimuler le choix de l’allemand et du français il faut convaincre parents et élèves en utilisant de nouveaux outils docimologiques, comme des coefficients majorés aux examens, stages croisés, présentation de cursus franco-allemands de haut niveau…  

Les clichés pernicieux sur l’Allemagne

L’Allemagne paiera ! La crise économique, comme toute crise qui perdure d’ailleurs, cherche à focaliser ses craintes et ses ressentiments sur un bouc émissaire. Rien de plus facile que de stigmatiser l’Allemagne. 
Depuis quelque temps des voix se sont fait entendre pour critiquer la chancelière allemande et ont abouti à des comparaisons aux périodes les plus sombres des relations entre nos deux pays. La vision caricaturale et réductrice de l’archétype pangermaniste prouve la méconnaissance profonde de nos élites sur l’environnement politique et culturel de notre voisin d’outre Rhin. Le manque de reportages de terrain sur la vie allemande au quotidien, conjugué à l’incompréhension du système fédérale allemand, amène de nombreux journalistes à faire l’impasse sur un véritable journalisme d’investigation.
Pour se faciliter la tâche, et en fonction de l’air du temps, ils opèrent, entre autre, des comparaisons économiques qui n’ont aucune valeur ajoutée tant la disparité des structures administratives politiques et l’environnement culturel sont différents. Il est donc fort naturel que la méconnaissance de la dissymétrie des structures d’outre Rhin, dérivant du pouvoir des Länder en Allemagne génèrent, trop peu d’articles ou d’émission, hors ARTE, et ne rendent pas véritablement compte des ambitions et des attentes allemandes en matière de coopération européenne et contribuent à une déformation de l’image du partenaire dans l’opinion publique française.

Enseignement et formation professionnelle

Un désintérêt certain pour l’apprentissage de la langue du partenaire est une constante de ces vingt dernières années. Bien que l’université franco-allemande à Sarrebruck soit souvent citée en exemple la multiplication des cursus bilingues dans l’enseignement supérieur n’a que peu d’impact. En outre l’allongement d’un an du temps des études est souvent qualifié de dissuasif par les étudiants avec lesquels je me suis entretenu.  
Malgré les actions menées par l’Université Franco-Allemande, le nombre d’étudiants Allemands inscrits dans les établissements français est relativement réduit, il en est de même pour les Français en Allemagne. L’allemand perd de plus en plus d’intérêt en France et la francophonie est, quant à elle, représentée dans les établissements universitaires allemands par les étudiants provenant d’Etats d’Afrique francophone ! Même si certaines spécialités ont des effets démultiplicateurs comme le cycle franco-allemand de Sciences-po, le master en management franco-allemand de Metz ou celui de l’ENA ils sont largement tournés vers les affaires européennes … mais sont néanmoins des pépinières de futurs responsables économiques ou administratifs formé dans l’esprit européen.

La formation professionnelle franco-allemande

Depuis quelques années les pouvoirs publics mettent en exergue l’impérieuse nécessité de valoriser l’apprentissage professionnel et tente de lui (re) donner ses lettres de noblesse.
L’existence du secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle est un modèle qu’il serait judicieux de promouvoir. Le manque de publicité fait en direction de cette entité franco-allemande, qui est un exemple original de synergie en départements ministériels, établissements de formation et entreprise en enseignement technique et en formation professionnelle initiales et continue est incompréhensible.
Depuis plus de trente ans des centaines de milliers de jeunes ont participé à ce programme et tout naturellement gardé un lien avec l’Allemagne où s’y sont directement installés pour y vivre et y travailler. 
Il s’avère que de nombreuses demandes ne seraient pas satisfaites par manque de moyens financiers alors que ces formations sont un exemple de ce que l’on peut pratiquement réussir pour promouvoir l’apprentissage et donner de nouvelles perspectives aux jeunes !
Le système de formation continue allemand permet aux Chambres de commerce et d’industrie dans les Länder de former de valider des formations diplômantes. 
Ainsi les IHK (Industrie und Handelskammer) – chambres de commerce et d’industrie proposent des formations dans des domaines parfois pointus qui permettent aux demandeurs d’emplois ou aux jeunes de parfaire leur formation ou de se spécialiser dans un domaine particulier qui lui permettra de postuler pour un emploi dans un domaine déficitaire ou de doubler leur chance.
En France il est communément donné priorité aux études nobles et longues au sein d’universités prestigieuses ou de grandes Ecoles d’Etat ou privées. La disparité des structures entre les deux pays dans ce domaine semble obérer les échanges car la découverte par les jeunes Allemands du système de grandes écoles de notre pays transmet toujours l’image particulièrement élitiste et colporte une image négative de notre système éducatif.  


Pour un regroupement des associations franco-allemandes


Il serait opportun de faire réaliser une cartographie du monde associatif franco-allemand, couplé à celui des comités de jumelages, par l’intermédiaire du réseau préfectoral, permettrait de recenser l’ensemble de ces associations franco-allemandes sur l’ensemble du territoire et permettrait d’opérer des fédérations.
Ce qui aurait pour conséquence à terme d’avoir un nombre d’interlocuteurs qualifiés pour engager d’une part un dialogue constructif avec les représentants de l’Etat et les collectivités territoriales et organisé en commun des assises départementales ou régionales franco-allemandes ! Il s’avère qu’un lien fédérateur est recherché mais de façon représentative et non comme entité autonome qui défendrait ses propres intérêts. Son rôle serait d’apporter les ressources regroupées d’un véritable maillage d’échanges et où la communication idéale, entre le monde associatif et le monde institutionnel s’établirait de façon étagée.
Les associations s’adresseraient pour leur demande de subvention ou d’aides aux communes ou aux conseils généraux et les représentations régionales aux administrations publiques et permettrait de clarifier les relations entre pouvoirs publics, l’Office franco-allemand pour la jeunesse, dont les initiatives sont irremplaçables et la société civile.
 

En conclusion 


Acteurs et multiplicateurs de première importance pour l’avenir de la relation franco-allemande, le monde associatif et le secteur privé s’interrogent à juste titre du renouvellement de cette coopération. 
Le temps des faces à face où la stricte priorité des formes de partenariat conditionnait le sentiment d’équité de l’un et l’autre partenaire, la phase d’observation mutuelle sont autant d’étapes révolues des relations. 

C’est la finalité des actions et l’aspect concret de la coopération, des acteurs qui importent aujourd’hui. 

De fait, les déclarations d’intention sont monnaie courantes, et ont parfois bien du mal à se concrétiser, entre atermoiements, retards ou difficultés techniques et administratives. 
Certes, le constat s’avère beaucoup moins négatif en termes d’échanges d’étudiants ou de coopération dans l’enseignement supérieur – mais les obstacles administratifs ou techniques (qu’un engagement plus affirmé des Gouvernements pourrait sans doute lever) constituent autant de freins à la mobilité et à la compréhension des deux populations. 
Tous les témoignages recueillis portent la trace à la fois d’un enthousiasme et d’une analyse tempérée des évolutions en cours. Les rencontres de plus en plus régulières entre le président Sarkozy et La chancelière Meckel donnent un espoir de renouveau du lien franco-allemand auxquels veulent délibérément s’associer le monde associatif car comme leurs collègues spécialistes de la coopération franco-allemande, chez ceux qui en ont fait un métier, le lien effectif et l’élan spontané vers le partenaire se développent au contact des difficultés. 
Le renouvellement des générations, le travail de mémoire partagée depuis plus de 50 ans, les nouvelles options choisies pour les loisirs ont déplacé les perspectives d’échanges bilatéraux. 
De même que la France, en tant que destination touristique, a perdu de on attrait de l’inconnu pour les Allemands, l’intérêt de la langue et de la civilisation allemande s’est trouvée déconnecté dans l’esprit des français, de la reconnaissance objective de l’importance centrale de l’Allemagne en Europe et dans le monde.
Il découle de cet état des lieux qu’il est grand temps de non seulement recourir mais aussi soutenir les associations franco-allemandes, ciment de notre cohésion bilatérale, afin de maintenir ces liens d’amitié qui nous caractérisent en donnant à la société civile la possibilité d’avoir son interlocuteur unique.

A.W.

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